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 La façade atlantique de l'Amérique du Nord

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Khast
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Messages : 55
Date d'inscription : 04/12/2009

MessageSujet: La façade atlantique de l'Amérique du Nord   Sam 5 Déc - 15:58

Au programme de S, il y a seulement la façade atlantique des Etats-Unis mais il est incomplet de l'étudier sans parler de son intégration dans la façade atlantique de l'amérique du Nord : c'est pourquoi le chapitre tel qu'il est fait dans les séries L et ES est mis ici.

La façade atlantique de l’Amérique du Nord


I – Une longue façade océanique face à l’Europe

1) Une façade initialement plus ouverte sur le grand large que sur le continent

• L’Amérique du Nord ne s’ouvre naturellement sur l’océan Atlantique qu’au Sud, par le golfe du Mexique. Au Nord, les Appalaches forment une barrière qui n’est franchissable que par deux étroits couloirs : la vallée du Saint-Laurent et celle de l’Hudson. Au Sud, côté mexicain, la Sierra Madre orientale, dont les sommets dépassent les 4 000 mètres, sépare la plaine littorale des hauts plateaux du centre. Ce sont les plaines et les estuaires qui ont donc fixé précocement les hommes et leurs ports.
• Le littoral présente deux grands types de reliefs : au Nord du cap Hatteras, les côtes rocheuses et les falaises présentent de profonds estuaires qui sont autant de sites portuaires naturels ; au Sud, les côtes sableuses et les lagunes dominent, dans lesquelles les rares fleuves se fraient difficilement un passage ou construisent des deltas immenses comme celui du Mississippi ; les sites portuaires naturels y sont rares, et sujets aux ravages destructeurs des hurricanes.

2) La porte d’entrée des Européens

• Les Européens ont abordé le continent à partir des premiers voyages d’exploration par le Sud et par le Nord. Ces deux voies de pénétration déterminent le partage du continent entre les puissances maritimes européennes de l’époque : l’Espagne, l’Angleterre, la France et les Pays-Bas.
• Au Sud, les Espagnols, premiers arrivés, privilégient la route la plus longue mais la plus facile en raison des alizés qui les portent vers le golfe du Mexique dont ils prennent le contrôle à partir de comptoirs maritimes où se rassemblent leurs galions. Veracruz sert de base arrière à Cortés pour conquérir l’Empire aztèque.
• Au Nord, Sebastiano Cabot et Jacques Cartier empruntent la route la plus courte, mais aussi la plus dangereuse car il faut remonter en latitude pour trouver des vents porteurs qui les conduisent jusqu’au Saint-Laurent. Avec l’avènement de la navigation à vapeur, les ports du Nord-Est du continent, les plus proches en distance de l’Europe, s’imposent définitivement, notamment pour l’arrivée des immigrants.

3) Une façade qui recèle d’importantes ressources naturelles

• Le plateau continental, baigné par deux courants froids et chaud, abrite une faune exceptionnelle. Au Nord, les parages de Terre Neuve et leurs eaux riches en morue ont attiré très tôt les Européens du Nord sur cette côte pourtant inhospitalière. Aprement disputées entre les puissances riveraines, y compris la France qui y est toujours présente grâce à ses îles de Saint-Pierre-et-Miquelon, les ressources de morue et de homards sont aujourd’hui menacées. Au Sud, sur le plateau continental au large du Yucatan, la pêche industrielle prospère, mais au risque d’un épuisement rapide des ressources locales en crevettes.
• La façade du golfe du Mexique appartient à une des plus grandes régions pétrolières mondiales. La production repose de plus en plus sur les réserves du plateau continental, au large de la Louisiane et du Texas (25 % de la production étatsunienne), et surtout sur les nouveaux champs off-shore du golfe de Campêche, au Mexique. A ces réserves en hydrocarbures, s’ajoutent celles, prometteuses, du plateau continental au large des provinces maritimes canadiennes.

II – A l’interface de l’Amérique du Nord et du monde

1) Une façade ouverte sur le monde, et d’abord sur l’Europe

• Les Etats-Unis comme le Canada sont nés de l’Atlantique et demeurent d’abord des puissances atlantiques, même si leur poussée continentale les a amenés à regarder vers le Pacifique. En revanche, le Mexique est resté un pays tourné vers l’intérieur, peu ouvert sur les océans, d’où sont venus ses conquérants et par où sont parties ses richesses à l’époque coloniale, avant que le pays ne se tourne finalement vers les Etats-Unis pour exporter ses ressources.
• La façade américano-canadienne avec ses remarquables sites portuaires, y compris ceux des Grands Lacs, est un des hauts lieux du commerce maritime mondial. Les ports sont au débouché de grands faisceaux ferroviaires et autoroutiers transcontinentaux par où transitent les 2/3 du trafic maritime du continent : hydrocarbures et céréales dans les ports du Golfe ; trafic divers et conteneurs sur la côte atlantique ; céréales, minerai de fer et charbon sur les Grands Lacs et le Seaway. Ce trafic maritime souligne l’interface avec l’Europe : plus de 80 % du commerce maritime avec l’Europe passent par les ports de la façade atlantique, y compris les conteneurs venus d’Asie qui sont transbordés par un « pont transcontinental » ferroviaire.

2) Quelle organisation spatiale pour cette façade ?

• La façade est divisée en grands ensembles régionaux, mais l’intensité des relations entre le continent nord-américain et le reste du monde, tout particulièrement l’Europe et l’Amérique latine, permet de distinguer quatre grands types d’espaces géographiques.
• Les grandes portes océaniques ouvertes sur le monde : ce sont les grands organismes portuaires des estuaires du Nord-Est et des Grands Lacs, à la fois puissants pôles de transports maritimes et terrestres, et métropoles d’envergure mondiale (la Megalopolis, Chicago) ; les métropoles portuaires du Sud, La Nouvelle-Orléans et Houston, au débouché des Grandes Plaines ; mais aussi Miami, qui vit désormais davantage son rôle de pôle d’échanges avec le monde latino-américain qui du tourisme qui a fait sa fortune initiale.
• Les littoraux spécialisés, marqués par une activité dominante qui a pu leur donner une dimension continentale, voire mondiale : ainsi le tourisme en Floride et dans le Yucatan (avec ses monuments mayas et surtout sa grande station balnéaire de Cancún) ; l’exploitation et la transformation des hydrocarbures dans les ports du Texas, du delta du Mississippi et du golfe de Campêche au Mexique ; l’agribusiness (agrumes, cannes à sucre, riz) sur les littoraux tropicaux du Golfe et de l’intérieur de la Floride. Veracruz n’est resté, pour sa part, que le port de Mexico.
• Les espaces transfrontaliers que l’ouverture des frontières et la libéralisation des échanges entre les trois pays de l’Alena renforcent : sur le Rio Grande, où s’impose une géographie de villes jumelles, de part et d’autre du fleuve ; la région des Grands Lacs et le Saint-Laurent (la « Main Street America ») devenue un espace transnational tant les économies étatsuniennes et canadiennes sont imbriquées, les échanges libérés, et les cultures partagées.
• Au-delà du littoral, l’arrière-pays s’organise autour de quelques très grosses agglomérations qui assurent le relais avec les métropoles portuaires : Atlanta, qui polarise tout le Sud-Est des Etats-Unis grâce à sa plate-forme aéroportuaire, la deuxième après Chicago ; Dallas, qui rayonne sur tout le Sud-Ouest et, au-delà, sur le Nord du Mexique en voie d’intégration à l’économie des Etats-Unis.

III – La Megalopolis, « un des lieux emblématiques du monde »

1) Le couloir urbain de la côte Est

• La Megalopolis est une concentration urbaine de 45 millions d’habitants (16 % de la population des Etats-Unis) dont 39 millions vivent dans quatre énormes aires métropolitaines, elles-mêmes noyées dans un ensemble de villes moyennes et de campagnes urbanisées, reliées les unes aux autres par un dense réseau de moyens de communication.
• Cette « Babylone moderne » regroupe 8 millions de Noirs, 3,5 millions de Latinos, 1,5 millions d’Asiatiques ; en fait, tous les peuples du monde se retrouvent dans la Megalopolis qui demeure la première région d’immigration du pays (avant même la Californie).
• Les ports, les aéroports, les téléports concourent à faire de la Megalopolis un lieu central pour toute la planète, le cœur d’un « Empire américain » universel. Toutes les grandes villes sont des ports, comportant des lignes régulières avec le reste du monde. Mais, aujourd’hui, c’est la fonction aéroportuaire qui compte le plus, notamment pour New York, premier « hub » aéroportuaire du pays.

2) New York et Washington, des villes-monde

• Respectivement capitale économique et capitale politiques des Etats-Unis, New York et Washington commandent le monde. D’abord par l’action internationale du gouvernement des Etats-Unis. L’une et l’autre abritent les sièges d’organismes internationaux incontournables, l’ONU (New York), le FMI et la Banque mondiale (Washington). Les centres d’affaires des villes de la Megalopolis abritent les sièges de 169 des 500 premières firmes mondiales. Centre financier global, la ville de New York compte 12 % des salariés du secteur financier des Etats-Unis ; ses Bourses de valeurs (NYSE et NASDAQ) réalisent 72 % des transactions mondiales. La reconstruction du World Trade Center (WTC) va-t-elle entraîner le retour des activités qui avaient déménagé après l’attenta du 11 septembre 2001 ?
• Ces métropoles partagent, avec Boston, le rôle de cœur culturel du pays, dictant la mode comme les idées : 50 % de l’édition, les magazines et les journaux les plus influents (New York Times, Wall Street Journal). Leurs universités, les plus anciennes et les plus prestigieuses du pays (Harvard, MIT, Columbia, Princeton), attirent les talents et les étudiants du monde entier, contribuant plus que tout à la puissance intellectuelle et scientifique des Etats-Unis.

3) Une puissance économique formidable, mais menacée

• Produit d’une longue accumulation de richesses amorcée dès le XVIIe siècle, la Megalopolis contribue pour 1/5 des richesses du pays. Elle reste un des noyaux de la « Manufacturing Belt » où cohabitent secteurs traditionnels inégalement modernisés (aciéries, confection, grosse mécanique, chimie…) et industries de haute technologie (informatique, filière de la santé, biotechnologies).
• Mais le recul industriel a été sévère dans certains secteurs ; il explique que la Megalopolis ne représente plus que 14 % de l’emploi industriel du pays contre 24 % en 1960. Les délocalisations vers le Sud du pays ou l’étranger, la concurrence des autres régions, toutes engagées dans la grande bataille des nouvelles technologies, expliquent ce déclin relatif, compensé en termes d’emplois par les services.
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