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 Une interface Nord/Sud, l'espace méditerranéen

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Khast
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Messages : 55
Date d'inscription : 04/12/2009

MessageSujet: Une interface Nord/Sud, l'espace méditerranéen   Sam 5 Déc - 16:02

Une interface Nord-Sud : l’espace méditerranéen


I – L’espace méditerranéen, une identité commune

1) L’espace méditerranéen, une mer et des rivages

• Cette mer intérieure de près de 2,5 millions de km² est la plus vaste du monde. Etirée sur 4000 km d’Ouest en Est, elle est relativement étroite : 140 km séparant la Sicile de la Tunisie. Les trois péninsules montagneuses – ibérique, italienne et balkanique et leurs dépendances insulaires – divisent la Méditerranée en bassins secondaires.
• Mer presque fermée, la Méditerranée est l’une des plus fréquentée dans le monde. Par le canal de Suez et le détroit de Gibraltar, elle est un espace de transit entre l’océan Indien et l’Atlantique.
• La Méditerranée est bordée par un amphithéâtre de montagnes. La montagne est une composante essentielle du cadre méditerranéen ; les plus souvent, elle serre de près la côte.
Les plaines littorales étroites concentrent une grande partie des hommes et des activités. La densité de population atteint en moyenne 100 habitants/km². Depuis deux siècles au Nord, plus récemment au Sud, les arrières-pays, surtout lorsqu’ils sont montagneux se sont vidés au profit des littoraux. Le tourisme, majoritairement balnéaire, accentue cette tendance.

2) Le milieu méditerranéen, de fortes contraintes

• Le climat, plus que le relief, est facteur d’unité et d’identité. Partout, les étés sont secs, lumineux et chauds. Vers l’Est et le Sud, la sécheresse estivale s’accentue en durée et intensité.
• La végétation est adaptée à la rareté des précipitations : garrigues et maquis sont particulièrement développés. Les forêts méditerranéennes, dominées par des essences arbustives xérophiles, manquent de luxuriance. Mais à la faveur de l’altitude, certaines montagnes méditerranéennes (les chaînes libanaises par exemple) portent de très belles forêts.
• La portée de ces caractères naturels est immense au plan humain. L’espace méditerranéen est un milieu fragile, à risques : incendies, séismes, crues soudaines et catastrophiques… Partout s’impose la maîtrise d’une eau rare mais indispensable au développement de l’agriculture, tandis que l’azur de cieux et de flots, participe aux représentations et à l’attractivité de ce « lac » touristique, le premier du monde.

3) Une mer civilisatrice ?

• Sur les rivages de la Méditerranée se sont épanouies de grandes civilisations. Propice au cabotage, la Méditerranée a permis la colonisation grecque et l’essaimage de comptoirs à l’origine de nombreuses villes portuaires. Plus tard Rome bâtit son empire sur les rivages de la Mare nostrum. La romanisation a propagé la culture gréco-latine puis le christianisme.
• A la charnière de trois continents, la Méditerranée a encore vu, sinon toujours naître, du moins s’établir trois religions : Judaïsme, Christianisme, Islam. Jérusalem est ville sainte pour ces trois grands monothéismes.
• Au XIXe siècle, la colonisation a placé sous tutelle de l’Europe (France, Royaume-Uni, Italie), les bordures méridionales et orientales du bassin méditerranéen.
• La Méditerranée a été et demeure un lieu de contact et d’échanges, une interface. Elle a été, elle est encore un lieu d’affrontements et de contrastes.

II – La Méditerranée, une frontière ?

1) Des dynamiques démographiques divergentes

• L’espace méditerranéen présente d’importants contrastes démographiques. L’accroissement naturel oppose les Etats de la rive nord, aux pays du Sud et de l’Est méditerranéen (PSEM). Les PSEM ont des taux annuels de croissance supérieurs à 2 %, contrastant avec l’atonie démographique des sociétés nord-méditerranéennes.
• Sur la rive sud, de Gibraltar au Bosphore, la fécondité va encore croître dans le futur, même si la natalité et la fécondité affichent une tendance à la baisse. Ainsi la Turquie, avec un taux de fécondité qui a diminué de moitié en 40 ans (2,5 enfants par femme en 2003), gagne chaque année un million d’habitants.
• Le nombre de jeunes pose de graves problèmes aux Etats (plus de 30 % de moins de 15 ans au Maghreb) : emploi, scolarisation, logement…

2) Un poids économique très inégal

• La richesse, mesurée selon le PIB/habitant, révèle le fossé qui sépare les pays du bassin méditerranéen. Les Etats du Nord-Ouest (PIB/habitant supérieur à 20 000 dollars) font figure de pays très riches. Dans les PSEM, les valeurs sont inférieures de moitié.
• Mais ce constat doit être nuancé. Au Nord, en dehors de la Grèce, de la Slovénie et de la Croatie, le PIB/habitant demeure faible dans toute la péninsule des Balkans. Au Sud, Israël apparaît comme une enclave riche au sein d’Etats nettement plus pauvres, voire très pauvres comme les Territoires palestiniens. De leur côté, l’Algérie et la Libye bénéficient de la rente des hydrocarbures.
• Ces disparités traduisent l’inégale insertion dans la mondialisation économique. L’Espagne, la France, l’Italie et, à un moindre titre, la Grèce ont adapté leurs économies à la demande du marché européen mondial. Dans les PSEM, si le Maroc ou la Tunisie sont parfois regardés comme de nouveaux pays industriels, ce n’est que pour la Turquie, aux portes de l’UE, qui l’on peut parler de relative puissance industrielle. Au Sud, hormis Israël, l’agriculture intensive commerciale est plus ponctuelle : littoral atlantique du Maroc, région de Sfax et de Sousse en Tunisie…

3) De profondes disparités de développement

• Les cartes révèlent l’ampleur des contrastes de développement entre les différentes rives de la Méditerranée. Des écarts importants, mesurés à partir d’indicateurs qui peuvent aller de l’IDH jusqu’au taux d’équipement en téléphone portable, s’inscrivent dans des espaces géographiquement très proches.
• La fracture est à la fois Nord-Sud et Ouest-Est :
 Au Nord-Ouest de l’espace méditerranéen, un petit nombre de pays fait partie des pays développés à très haut niveau de vie : Espagne, France, Italie, Grèce.
 A l’Est du bassin, il faut associer à cet ensemble l’Etat d’Israël et certaines îles (Malte, Chypre).
 Au Sud, du Maghreb à la Turquie, l’IDH plus faible (entre 0,6 et 0,8 ) rappelle que les progrès économiques sont gommés par la croissance démographique.
 Sur la rive européenne, les Etats balkaniques, présentent des situations assez tranchées.

III – L’interface méditerranéenne : trait d’union Nord/Sud ?

1) Des flux migratoires Sud/Nord

• Au cours du XXe siècle, la croissance économique et la mise en place de politiques d’immigration dans les pays européens ont été à l’origine d’importantes migrations de travail : Maghrébins en France, Turcs en Allemagne, mais aussi populations issues des régions déshéritées du Portugal, d’Espagne, d’Italie. Les familles restées au pays ont bénéficié des remises des émigrants.
• Depuis les années 1980, les zones de départ concernent surtout les pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée, tandis que les zones d’accueil s’élargissent à toute l’Europe occidentale. A l’Est du bassin, les pays pétroliers peu peuplés (Libye, Arabie…) attirent les travailleurs égyptiens, syriens ou jordaniens.
• La Méditerranée joue aussi un rôle d’espace de transit pour les migrants clandestins d’Afrique noire qui, via le Maghreb, tentent de gagner l’Europe en franchissant les frontières de l’espace Schengen. Les nombreux conflits, politiques ou ethniques, ont alimenté les demandes de statut de réfugié.

2) D’importants flux de marchandises, mais un échange inégal

• Les échanges au sein de l’espace méditerranéen reflètent l’inégale puissance économique des Etats. Cela se traduit dans :
 Le volume des échanges : les pays rattachés à l’UE exportent six fois plus que l’ensemble des autres du bassin.
 La nature des produits échangés : les biens peu élaborés (hydrocarbures, minerais, produits agricoles) occupent une place notable dans les exportations des PED méditerranées en direction du Nord. Pour l’Algérie et la Libye, les hydrocarbures représentent plus de 90 % des exportations. Les produits manufacturés en provenance d’Europe dominent dans les importations.
 La forte polarisation géographique des flux de marchandises en provenance ou à destination des PED méditerranéens. Les PSEM, à l’exception d’Israël, échangent surtout avec l’UE. Chacun des Etats du Maghreb, Libye comprise, réalise avec l’Europe plus de 60 % de ses échanges.
• Les flux de marchandises laissent peu de place aux échanges Sud/Sud.



3) La rive Sud oubliée du Nord ?

• Le retard économique de beaucoup de pays méditerranéens est lié à la faiblesse des investissements étrangers. A la différence de ce qui se passe entre le Mexique et les Etats-Unis, les PSEM ont peu attiré les FMN européennes. Les capitaux s’en sont détournés en raison surtout de l’insécurité politique. Peu de pays ont pu jouer l’atout de l’abondance de la main-d’œuvre pour attirer les délocalisations industrielles. Aucune bourse des valeurs, à l’exception des places d’Istanbul et d’Ankara, ne suscite l’intérêt des investisseurs mondiaux.
• La véritable source de devises est le tourisme. Les flux touristiques, en provenance de l’Europe, se concentrent sur un faible nombre de pays : Maroc, Tunisie, Egypte, Turquie. Les recettes permettent au Maroc et à la Tunisie de compenser leur déficit commercial. Mais le tourisme contribue à l’urbanisation littorale et dispute à l’activité agricole les bons sols et l’eau. Pour être porteur de développement durable, le tourisme exige d’être sagement géré.
• La conférence de Barcelone (1995) a inauguré une série d’accords de libre-échange entre l’UE et les PSEM, visant à établir une véritable coopération trans-méditerranéenne.

IV – Un ou des espaces méditerranéens ?

1) Les espaces développés et intégrés

• Les Etats méditerranéens de l’UE ont un niveau de développement économique et social très avancé. De Valence en Espagne, à Rome, un « arc latin » densément peuplé et urbanisé, constitue la région motrice du Sud de l’UE. Des métropoles, Barcelone, Marseille, Gênes et Rome, bien reliées à l’Europe rhénane par des réseaux autoroutiers, ferroviaires ou aériens, y ont un rôle attractif.
• Le tissu industriel est dense et diversifié. Les activités liées à la fonction portuaire sont relayées aujourd’hui par des industries de haute technologie. Les espaces agricoles spécialisés (cultures fruitières et maraîchères) côtoient, en bord de mer, des complexes touristiques très fréquentés.
• Ce type d’espace se retrouve plus à l’Est en Grèce autour d’Athènes. Les indicateurs du développement invitent à rapprocher Israël de ce premier groupe, de même que Chypre, en dépit de la division politique de l’île, Malte, et le littoral de la Slovénie au fond du golfe Adriatique.

2) Les espaces du mal-développement

• Une véritable fracture économique et sociale sépare ce premier ensemble de tout le reste de l’espace méditerranéen. Les revenus par habitant et les indicateurs du développement y sont nettement plus faibles.
• Du Maghreb à la Turquie en passant par l’Egypte et le Proche-Orient, ces espaces font figure de périphérie proche par rapport à l’UE. La plupart des pays tentent de mettre à profit leur position à l’interface de l’Europe riche pour accélérer le processus de développement. Maroc, Tunisie, Turquie jouent à la fois sur les exportations de produits agricoles, les activités industrielles exigeantes en main d’œuvre (confection de vêtements) et sur le tourisme.
• D’autres Etats monnayent leurs hydrocarbures ; la Libye en tire une rente appréciable ; l’Algérie plus peuplée, de plus en plus réduite à ne compter que sur son pétrole et son gaz, doit diviser la sienne entre un nombre de têtes six fois plus élevé.
• Mais les progrès ne sont pas suffisants pour compenser la croissance démographique. Malgré une croissance économique certaine, les signes du mal-développement sont visibles, en particulier dans les villes où se côtoient habitat précaire et quartiers des affaires.

3) Des espaces en marge du développement

• Dans chaque territoire national, on rencontre des espaces en marge de la mondialisation. La dualité des territoires est profonde dans tous les pays de la rive sud et est de la Méditerranée. Du Maroc à l’Anatolie turque, les aires intégrées au système mondial par le tourisme et les échanges forment un archipel de pôles et de rubans urbanisés, le plus souvent littoraux, entre lesquels prennent place de vastes espaces délaissés par l’économie moderne.
• Ces périphéries sont essentiellement les arrières-pays montagnards ou désertiques du Maghreb à l’Asie mineure. Dans l’Atlas marocain ou les hauts plateaux algériens, nombre de villages mal reliés aux axes nationaux majeurs vivent encore une existence traditionnelle, qui ne peut guère faire que le bonheur de touristes en mal d’exotisme.
• D’autres espaces sont en crise. Sur la rive nord, dans les Balkans, des conflits inter-ethniques touchent les nouveaux Etats issus du démembrement de la Yougoslavie. Il en est de même au Proche-Orient où perdure le problème entre Israël et les Territoire palestiniens.
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