Cours Terminale S

Ce forum est une aide aux révisions du bac S. Il est en cours de construction, merci de me faire partager vos idées pour améliorer ce forum.
 
AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion
Partagez | 
 

 La décolonisation et ses conséquences

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Khast
Admin


Messages: 55
Date d'inscription: 04/12/2009

MessageSujet: La décolonisation et ses conséquences   Sam 5 Déc - 14:56

La décolonisation et ses conséquences


I – La première vague des émancipations (1945 – 1954)

1) En 1945, l’ordre colonial est ébranlé

• Le nationalisme indigène s’est développé dans l’entre-deux-guerres obligeant les métropoles à réprimer, en Inde ou en Afrique du Nord, les premières revendications d’indépendance. La Seconde Guerre mondiale amplifie le phénomène, en particulier en Asie. Les Japonais, dans les pays qu’ils occupent, constituent des gouvernements fantoches, ouverts aux élites locales. Les Britanniques, confrontés à la campagne de désobéissance civile déclenchée par Gandhi, concèdent à l’« Union indienne » un statut de dominion. En 1944, de Gaulle s’engage aussi lors de la conférence de Brazzaville à modifier le statut de l’Empire. Dès la fin du conflit, les mouvements indépendantistes passent à l’offensive.
• La charte des Nations unies en 1945, après celle de l’Atlantique en 1941, proclame « le droit des peuples à l’autodétermination ». Dès 1945, les colonies italiennes sont émancipées. Britanniques et français renoncent à leurs mandats au Moyen-Orient. L’Union soviétique adopte des positions résolument anticolonialistes. Les Etats-Unis, liés aux puissances coloniales, ont une attitude plus ambiguë, craignant que les nouvelles nations ne rejoignent le camp communiste.

2) L’attitude des métropoles est hésitante

• La Grande-Bretagne a pratiqué par pragmatisme la politique d’association. Il comprend assez vite que ses intérêts économiques peuvent survivre à la perte de la domination politique. Dès 1936, il accorde l’indépendance à l’Egypte. Les Britanniques acceptent l’indépendance, en général avant que celle-ci ne devienne inévitable, et admettent les nouveaux Etats dans le Commonwealth.
• La France, qui privilégie une politique d’assimilation, n’est guère préparée à accepter les revendications nationalistes. Certes, l’Empire se transforme en Union française en 1946, mais les pouvoirs accordés aux peuples d’outre-mer restent largement symboliques. A Sétif, en mai 1945, l’armée réprime brutalement des insurrections. Cédant aux pressions des colons et de ceux qui assimilent la grandeur de la France à son empire, les gouvernements successifs engagent la France dans des guerres coloniales qui précipitent l’échec de la IVe République.

3) L’éveil de l’Asie

• En Inde, les Britanniques envisagent d’abord de retarder l’indépendance en s’appuyant que la minorité musulmane. Mais devant la menace de guerre civile, le vice-roi, Lord Mountbatten, se résout à la partition du pays. Le 15 août 1947, deux Etats accèdent à l’indépendance : l’Union indienne à majorité hindoue, et le Pakistan musulman, divisé en deux territoires distants de 1700 km. Le départ précipité des Britanniques s’accompagne de transferts massifs de population, de massacres et de conflits frontaliers (Cachemire). Les deux autres composantes de l’ancien empire des Indes accèdent aussi à l’indépendance : la Birmanie en 1947 et Ceylan (Sri Lanka) en 1948. Enfin, la Malaisie devient un Etat souverain en 1957.
• Après la capitulation japonaise, Hô Chi Minh proclame l’indépendance du Vietnam. Les négociations entre la France et le Viêt-Minh échouent : la guerre d’Indochine éclate en 1946. Le Viêt-Minh bénéficie de l’aide chinoise à partir de 1949. La guerre prend fin avec la chute du camp retranché de Diên Biên Phu, le 7 mai 1954. Aux termes des accords de Genève en juillet, l’indépendance du Laos, du Cambodge et du Vietnam est reconnue.

II – Les indépendances africaines

1) La décolonisation de l’Afrique noire

• La conférence de Bandung en Indonésie (1955) relance l’aspiration des peuples africains à l’indépendance alors que la crise de Suez (1956) discrédite les puissances coloniales. Comment ne pas accéder aux aspirations des élites indigènes, formées selon les grands principes européens de liberté et de fraternité ?
• La marche vers l’indépendance est inexorable. Dans les colonies britanniques, le processus amorcé avec le Gold Coast (Ghana) en 1957 s’achève avec la Rhodésie du Nord (Zambie) en 1964. La France offre d’abord une autonomie grandissante à ses anciennes colonies avec la loi-cadre Defferre en 1956 et le projet de Communauté en 1958, puis se résout à leur offrir une indépendance totale en 1960.
• Au Congo belge où le régime colonial était resté brutal et archaïque, l’indépendance a été très mal préparée : arrachée en 1960 après de violentes émeutes, elle déchaîne des luttes tribales qui menacent l’unité du pays et ne prennent fin qu’en 1963. En Rhodésie du Sud, les colons blancs ne s’inclinent qu’en 1980 avec la création du Zimbabwe. A cette date, Portugais et Espagnols ayant eux aussi renoncé à leurs colonies, presque toute l’Afrique est indépendante.

2) L’émancipation des protectorats d’Afrique du Nord

• En Tunisie, le Néo-Destour de Bourguiba agissait depuis longtemps pour que soit mis fin au protectorat. Malgré les arrestations et les menaces, le mouvement populaire prend de l’ampleur. Pierre Mendès France accorde en 1954 une large autonomie interne, prélude à une indépendance devenue inévitable (1956).
• Une évolution comparable se produit au Maroc. En 1953, la France dépose le sultan qui exigeait la réforme du protectorat, puis recule devant la gravité des troubles. Le sultan rentre triomphalement à Rabat et devient, en mars 1956, roi du Maroc (Mohamed V).

3) La guerre d’Algérie

• Le règlement du problème algérien se révèle plus douloureux. Près d’un million de colons européens se refusent à partager le pouvoir avec 8,5 millions de musulmans. Depuis les années 1930, toutes les réformes se sont heurtées à leur aveuglement provoquant en retour la radicalisation du mouvement natonaliste. A la Toussaint 1954, des attentats revendiqués par les jeunes militants du FLN marquent le début de l’insurrection.
• Elu sur un programme de paix, Guy Mollet se rend en 1956 à Alger. Devant l’accueil hostile des colons, il renonce à la négociation et décide l’envoi du contingent. La guerre devient vite impitoyable : le FLN, bien implanté dans les régions montagneuses, multiplie les attentats et les violences. L’armée riposte par des opérations de « maintien de l’ordre » meurtrières. En France, le fossé se creuse entre les partisans de l’Algérie française qui croient à la solution militaire et ceux qui, surtout à gauche et parmi les intellectuels, dénoncent l’utilisation de la torture et militent pour une paix immédiate.
• L’impuissance des gouvernements français, confrontés à une réprobation internationale grandissante, provoque une émeute à Alger 13 mai 1958 et le retour du général de Gaulle au pouvoir. D’abord hésitant, le chef de l’Etat se rallie au principe de l’autodétermination, approuvé par référendum en métropole en janvier 1961. Se sentant trahie, une partie de l’armée tente en avril en putsch qui échoue en raison de la loyauté du contingent. Des négociations s’ouvrent à Evian, alors que l’OAS multiplie les attentats en Algérie et en métropole. Elles débouchent sur la proclamation de l’indépendance en juillet 1962. Un million de pieds-noirs et plusieurs milliers de harkis quittent l’Algérie.

III – L’affirmation du Tiers-Monde

1) Les difficultés du Tiers-Monde

• Au lendemain des indépendances, l’écart entre le monde développé et le Tiers-Monde paraît considérable. Des déficits agricoles chroniques entraînent sous-alimentation et malnutrition, l’analphabétisme se conjugue au sous-emploi. La colonisation a souvent détruit les cadres sociaux et culturels traditionnels et tracé des frontières artificielles, sources de multiples conflits. Privilégiant l’exportation de produits primaires, elle a sacrifié l’agriculture vivrière, freiné l’émergence d’industries nationales et placé ces économies fragiles sous la dépendance des marchés mondiaux.
• Faute de traditions démocratiques, les nouveaux Etats ont presque toujours adopté des régimes autoritaires, (l’Inde est l’une des rares exceptions), gangrenés par la corruption et le clientélisme. L’instabilité politique est particulièrement forte en Amérique latine, terre d’élection des coups d’Etat.
• Ayant choisi d’appliquer mécaniquement des solutions importées (socialiste ou libérale), les jeunes nations peinent à trouver des stratégies de croissance efficaces. Confrontées au défi du nombre, à l’exode rural et à l’essor d’une économie informelle, elles subissent aussi les règles de l’économie internationale. Les cours de matières première exportées sont inférieurs à ceux des produits manufacturés importés, ce qui entraîne une dégradation des termes de l’échange. Les stratégies des firmes multinationales (bas salaires, sous-traitance) sont accusées de renforcer la division internationale du travail et d’accentuer les déséquilibres sociaux et régionaux.

2) L’émergence du Tiers-Monde

• La conférence de Bandung, née de la solidarité anticoloniale et de la volonté de se situer en dehors des blocs, débouche sur la naissance du mouvement des non-alignés à Belgrade en 1961. Celui-ci met surtout l’accent sur le « néocolonialisme » de l’Occident. Le conflit Nord-Sud transforme ainsi souvent le non-alignement en adhésion implicite à la politique soviétique. En Amérique latine, les tentatives révolutionnaires sont nombreuses, mais nulle part la guérilla ne parvient, comme à Cuba, au pouvoir au cours de ces années.
• Au sein de l’ONU, les pays du Tiers-Monde, largement majoritaires à l’Assemblée générale, dénoncent le « pillage du Tiers-Monde ». Ils plaident pour un nouvel ordre économique international (NOEI). En 1974, l’ONU adopte une « charte des droits et devoirs économiques des Etats », mais les progrès restent limités : création d’un fonds de stabilisation des matières premières (1976) et réduction de la dette des pays les plus pauvres (1978).

3) La diversité du Tiers-Monde

• Les chocs pétroliers de 1973 et 1979 ont permis l’essor des pays producteurs de pétrole (OPEP), finançant le développement des infrastructures ou de l’industrie (Iran, Algérie), voire de spectaculaires dépenses de prestige en faveur de l’expansion d’un islam conservateur (Arabie saoudite) ou révolutionnaire (Libye).
• Les nations émergentes, en Amérique latine (Mexique, Brésil) et, plus encore, en Asie orientale (Corée du Sud, Taiwan…), sont de nouveaux pays industriels (NPI). Au prix de tensions internes fortes (bas salaires, précarité de l’emploi) et d’un endettement grandissant, ces pays connaissent une forte croissance grâce au développement de leurs exportations manufacturées.
• Une trentaine de pays, situés pour la plupart en Afrique noire, sont qualifiés de « moins avancés » (PMA). Cumulant les handicaps, ils souffrent toujours du mal-développement et dépendent d’une aide internationale bien insuffisante pour leur permettre un véritable décollage.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://coursbac.forumactif.com
 

La décolonisation et ses conséquences

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Benoit XVI et la colonisation des Amériques
» Histoire de la colonisation du monde par les européens
» Proche-Orient / Colonisation israélienne en Cisjordanie
» L'appropriation des terres: une nouvelle colonisation ?
» La colonisation c'est bien !

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Cours Terminale S ::  :: -