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 Comportement sexuel, maîtrise de la reproduction

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Khast
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Date d'inscription : 04/12/2009

MessageSujet: Comportement sexuel, maîtrise de la reproduction   Lun 7 Déc - 20:30

Comportement sexuel, maîtrise de la reproduction


Procréer, c’est engendrer un nouveau descendant. Dans le groupe des Vertébrés, chez les Mammifères placentaires auxquels l’Homme appartient, le développement de l’embryon s’effectue dans l’utérus de la mère. La reproduction sexuée nécessite, dans ce cas, une rencontre des gamètes dans les voies génitales de la femelle, précédée par le rapprochement de partenaires de sexes différents. Un contrôle hormonal intervient tout au long de ce processus de reproduction. La connaissance des différents mécanismes impliqués permet une meilleure maîtrise de la reproduction.

I – Aspect comportemental de la reproduction

1) Influence des hormones sur le comportement

Le comportement reproducteur, ensemble d’attitudes qui aboutit à la réalisation d’actes sexuels, est inhibé chez les individus des deux sexes en cas de castration ; il est rétabli plus ou moins totalement par des injections d’hormones sexuelles. Chez la femelle, les œstrogènes jouent un rôle important alors que chez le mâle c’est la testostérone qui intervient dans le comportement sexuel. Ces observations posent le problème de spécificité d’action des hormones ? En fait, toutes les hormones sexuelles existent dans les deux sexes mais c’est le rythme de sécrétion et la durée d’action qui paraissent déterminants. Ainsi, chez des mâles adultes castrés, on peut induire une reprise d’activité sexuelle en injectant quotidiennement des œstrogènes. Les hormones sexuelles agissent aussi sur un certain nombre de neurones comme ceux de l’hypothalamus qui joue un rôle clé dans le déclenchement du comportement sexuel. L’ensemble de ces phénomènes aboutit au rapprochement des partenaires sexuels.

2) Œstrus et cycle œstrien

· Chez tous les Mammifères autres que les Primates, on observe, chez la femelle, une période d’acceptation du mâle appelée œstrus. Cet état est lié à un équilibre hormonal entre œstrogènes et progestérone, qui dépend lui-même de l’évolution folliculaire.
· Dans un cycle œstrien, l’ovulation se produit au moment de l’œstrus qui a lieu au début du cycle. Dans la nature, les cycles entiers n’existent qu’exceptionnellement car les accouplements sont presque toujours suivis d’une gestation puis d’un allaitement et d’une période de repos sexuel (un œstrus saisonnier). Par contre les animaux d’élevage les cycles œstriens sont beaucoup plus visibles.

3) Influence de l’environnement

· Les facteurs de l’environnement agissent sur le comportement sexuel. Ainsi, la présence d’individus de sexe opposé stimule ce comportement. D’autres facteurs, comme la photopériode, déterminent des variations de comportement saisonnier, en relation avec une modification de l’équilibre hormonal.
· Le synchronisme entre la photopériode et le début des cycles œstriens permet à certaines espèces de Mammifères de se reproduire seulement dans un contexte favorable (alimentation abondante, température viable…). Ces variations cycliques sont à mettre en relation avec une modification de l’équilibre hormonal.

4) Particularités du comportement humain

Pour l’espèce humaine, les phénomènes sont plus complexes, non seulement les hormones sexuelles interviennent, mais d’autres agents comme l’environnement socioculturel et un ensemble de facteurs psychologiques (affectifs, moraux, culturels…) sont déterminants. L’importance des signaux hormonaux paraît ainsi amoindrie chez l’Homme.

II – Maîtrise de la procréation

1) Régulation des naissances

a. Méthodes raisonnées, avant le rapport sexuel

Il s’agit de la contraception classique. La contraception – contraire de conception – désigne au sens strict toute méthode qui empêche la fécondation. Un contraceptif efficace inhibe réversiblement la capacité de reproduction, sans perturber l’activité sexuelle.

La contraception hormonale :
· Il s’agit d’une administration, le plus souvent orale, d’hormones sexuelles. Elle vise généralement, chez la femme, à bloquer l’ovulation.
· Ces hormones agissent au niveau de l’hypophyse en inhibant la production de LH et de FSH, ce qui bloque l’évolution du follicule ovarien et donc l’ovulation. Par ailleurs, la muqueuse utérine évolue peu et la glaire cervicale devient impropre au passage des spermatozoïdes.
· Il s’agit souvent d’une association d’œstrogènes et de progestérone dont le dosage varie selon le type de pilule. Il existe aussi des pilules constituées seulement d’un progestatif, préconisées lorsque les oestrogènes sont mal tolérés. Elles n’empêchent pas l’ovulation mais agissent sur la muqueuse utérine et sur la glaire cervicale.
· Dans tous les cas, l’efficacité contraceptive n’est assurée que si la prise de pilule est très régulière. Toute levée de l’inhibition hypophysaire, par chute du taux hormonal en l’absence de prise de pilule, provoque une reprise du cycle ovarien et peut conduire à une ovulation. Dans ce cas, la prise de pilule est poursuivie mais doit être accompagnée d’un autre moyen contraceptif jusqu’aux règles suivantes.
· Il existe maintenant une possibilité d’implantation sous-cutanée de contraceptif, pour une durée de trois ans.
· Des méthodes de contraception hormonale masculine sont aujourd’hui développées. Elles restent cependant d’un usage limité, notamment dans les pays occidentaux.


Les moyens contraceptifs non hormonaux :
· Le plus répandu est l’utilisation du préservatif masculin, efficace s’il est correctement utilisé, et qui présente surtout l’avantage de préserver des maladies sexuellement transmissibles dont le SIDA.
· Des méthodes anciennement utilisées, fondées sur la connaissance de la phase du cycle (suivi par exemple de l’évolution de la température), ne constituent pas des moyens sûrs de contraception et sont davantage utilisées aujourd’hui, pour augmenter les chances de conception !
· Pour les femmes ayant déjà eu un enfant, le stérilet posé dans l’utérus est un moyen généralement efficace et peu contraignant de contraception. Les dispositifs intra-utérins sont ainsi considérés comme des méthodes contraceptives bien qu’ils ne s’opposent pas à la conception le plus souvent mais à l’implantation de l’œuf.

b. Méthodes d’urgence, après le rapport sexuel

En cas d’absence de contraception au moment du rapport sexuel et lorsqu’un risque de grossesse peut être pris, on peut avoir recours soit à une dose hormonale massive, appelée pilule du lendemain soit à une contragestion (contra-gestation) qui s’oppose à l’implantation de l’œuf ou à la poursuite d’une grossesse débutante.

La pilule du lendemain :
Connue commercialement sous le nom de « Norlevo », elle constitue une contraception hormonale d’urgence à prendre au plus tard dans les 72 h qui suivent un rapports sexuel non protégé. Elle doit cependant rester d’usage exceptionnel en raison de la forte dose de progestatifs qu’elle représente. D’autres types sont proposés, correspondant à un mélange d’œstrogènes et de progestatif.
Ces pilules entraînent un déséquilibre hormonal brutal qui, selon le moment du cycle, empêche l’ovulation ou la fécondation.

La RU 486 : une méthode contragestive :
· Il s’agit d’une molécule prise oralement sous contrôle médical qui est capable d’empêcher et même d’interrompre un début de grossesse.
· La RU 486 est une molécule dont la structure ressemble à celle de la progestérone (c’est un analogue structural de la progestérone) et qui peut prendre la place de celle-ci sur les récepteurs qui se trouvent alors bloqués. Les cellules de la muqueuse utérine sont alors insensibles à la progestérone et cette muqueuse s’oppose à la nidation. En cas de grossesse débutante, elle bloque aussi la production hormonale placentaire ce qui entraîne indirectement l’expulsion de l’embryon.

2) Rencontre des gamètes et début de grossesse

a. La rencontre des gamètes

Les spermatozoïdes, déposés dans le vagin lors d’un rapport sexuel, remontent vers l’utérus et peuvent rencontrer, dans le tiers supérieur des trompes, l’ovocyte expulsé par l’ovaire. Sur les quelques millions de spermatozoïdes éjaculés, seul l’un d’entre eux va féconder l’ovocyte. Après pénétration dans le cytoplasme ovulaire, son noyau se réorganise en un pronucléus mâle qui met en commun ses chromosomes avec ceux du pronucléus femelle : il y a formation de la cellule-œuf qui, par divisions, donne naissance à l’embryon.

b. Le développement de l’embryon

Pendant sept jours environ, l’embryon formé est libre dans les trompes. A la fin de cette première semaine l’embryon, alors appelé blastocyste, se fixe au niveau d’un repli de la muqueuse utérine : c’est la nidation. Progressivement, le placenta se met en place et assure la nutrition de l’embryon. Il sécrète aussi une hormone, l’hCG, qui stimule le maintien du corps jaune. La production de progestérone, indispensable au maintien de la muqueuse utérine, est ainsi assurée. La présence d’hCG dans les urines ou le sang d’une femme peut être détectée peu de temps après la fécondation. Cette propriété est utilisée dans les tests de grossesse. Le développement de l’embryon s’effectue dans les voies génitales femelles, ce qui conduit à la naissance d’un jeune : on parle de viviparité. C’est une acquisition tardive dans l’évolution, qui est pleinement réalisée chez les Mammifères placentaires.

3) Aide médicalisée à la procréation

a. Infertilité et PMA

Certains couples ne peuvent pas avoir d’enfant. S’il ne s’agit pas d’un problème relevant de la chirurgie, la médecine peut alors proposer une procréation médicalement assistée (PMA) qui consiste à favoriser la rencontre des gamètes. Dans le cas d’un dysfonctionnement ovarien, on stimule l’ovaire par des traitements à base d’hormones et on déclenche l’ovulation par des injections d’hCG par exemple. Enfin on peut proposer au couple une fécondation in vitro suivie d’un transfert d’embryon (FIVETE). Parfois on peut injecter le noyau d’un spermatozoïde dans le cytoplasme de l’ovocyte (ICSI).

b. Suivi de grossesse et détection d’anomalies

Au cours d’une grossesse, des examens échographiques sont prescrits pour déceler d’éventuelles anomalies dans le développement du fœtus. Si le risque est important (âge de la mère, antécédent familial…) des examens plus poussés peuvent être réalisés, comme le prélèvement des cellules fœtales lors d’une amniocentèse mettant en évidence, à partir du caryotype, d’éventuelles anomalies chromosomiques (trisomie 21).

c. Les problèmes éthiques liés à la procréation médicalement assistée

Les progrès technologiques ont permis de nombreuses avancées dans les techniques de PMA. Ainsi, il est possible de cloner des cellules embryonnaires ou de sélectionner des gamètes lors de la fécondation in vitro afin de guérir ou d’éviter de graves maladies. Ces nouvelles pratiques peuvent paraître comme étant de réelles avancées mais elles peuvent aussi être utilisées par des personnes peu scrupuleuses à d’autres fins. C’est ainsi que depuis 1960, aux Etats-Unis est née la bioéthique et depuis, dans de nombreux pays, des comités scientifiques alertent les hommes politiques qui mettent en place des lois empêchant de graves dérives.

Toute reproduction ne s’accompagne pas nécessairement de sexualité, il existe une reproduction asexuée, mais des phénomènes de sexualité peuvent aussi exister sans conduire à une reproduction des individus, comme c’est le cas lors de la conjugaison des Paramécies. Au cours du temps, le couplage des mécanismes cellulaires de la méiose et de la fécondation et de phénomènes physiologiques et comportementaux ont conduit à la mise en place d’une reproduction sexuée, associant brassage génétique et production de nouveaux individus.
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