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 La mégalopole japonaise

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Khast
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Date d'inscription : 04/12/2009

MessageSujet: La mégalopole japonaise   Sam 5 Déc - 16:01

La mégalopole japonaise


I – La puissance concentrée sur le littoral du Pacifique

1) La première concentration industrielle du monde

• La Mégalopole japonaise qui se déroule sur plus de 1 000 km, du Nord de Tokyo jusqu’à Fukuoka, est le plus long ensemble urbain linéaire du monde. Presque continu, diversifié, il regroupe un peu plus de 100 millions d’habitants (soit 80 % de la population japonaise).
• Cette Mégalopole s’est formée en trois temps : d’abord par la réunion d’agglomérations urbaines anciennes, Tokyo, Nagoya, et le triangle Osaka-Kobé-Kyoto (Tokaïdo) ; puis par le développement de l’urbanisation dans les années 1960, jusqu’au Nord de l’île de Kyushu (Fukuoka, Kita-Kyushu) ; enfin par l’extension, dans les années 1980, au Nord de Tokyo jusqu’à Sendaï.
• La Mégalopole concentre l’essentiel des activités du Japon, dans les fonctions de production, de commandement et de recherche. C’est un axe industriel, qui regroupe tous les types d’industries, de l’industrie lourde comme la sidérurgie et la pétrochimie, jusqu’aux productions incorporant peu de matière première mais beaucoup de savoir-faire.

2) Un espace structuré par les transports

• L’ouverture du pays et son développement économique se sont traduits par la mise en place de puissantes infrastructures portuaires et industrielles sur les littoraux. La Mégalopole est la deuxième façade maritime du monde en termes d’activité. Quatre ensembles concentrent les ¾ du trafic. Dans l’ordre : les baies de Tokyo et d’Osaka-Kobé, de Nagoya, de Kita-Kyushu. De grandes zones industrielles portuaires (ZIP) ont été aménagées par creusement des plaines littorales et remblaiements, pour créer des terre-pleins et des îles artificielles.
• Les dimensions et l’étalement de cette région ont été rendus possibles par la mise en place de moyens de transports rapides très diversifiés. Le système ferroviaire est axé sur le Shinkansen et complété par des lignes de banlieue qui forment un réseau très dense. Il est associé à un important ensemble de routes et d’autoroutes. Des ouvrages d’art spectaculaires, ponts et tunnels, ont permis de surmonter les inconvénients de l’insularité.

3) La genèse de la Mégalopole

• La Mégalopole japonaise a des racines historiques anciennes, avec la mise en place d’une partie du pays relativement favorisée, d’une série de villes, chacune située dans une plaine cultivée, ouverte sur la mer, qui ont toutes joué un rôle politiques important dans l’ancien Japon (Tokyo, Nagoya, villes du triangle Osaka-Kobé-Kyoto).
• Au moment du démarrage de la modernisation, à partir des années 1860, ces villes ont profité de leurs avantages politiques et démographiques pour attirer une partie des activités nouvelles. C’est alors qu’ont commencé à fonctionner des séries de boucles de croissance, les premières industries en attirant de nouvelles, suscitant l’installation d’activités de commandement et la construction d’infrastructures, elles-mêmes à l’origine de nouvelles activités.
• Du point de vue spatial, cette évolution s’est traduite par l’établissement de liens entre les noyaux initiaux, avec une urbanisation de plus en plus continue le long de l’axe majeur suivant le littoral. Des relations perpendiculaires à cet axe ont étendu la Mégalopole vers l’intérieur.

II – Des conurbations géantes dominées par Tokyo

1) Une structure urbaine déséquilibrée

• La Mégalopole se présente comme un chapelet d’aires métropolitaines qui s’égrènent le long d’un axe, du Nord de la plaine du Kantô à Fukuoka. Dix villes dépassent le million d’habitant, et trois aires métropolitaines regroupent 44 % de la population totale sur environ 6 % du territoire. Ce sont des centres anciens, dont l’essor date de l’ère Meiji : Tokyo, capitale et port ; Osaka-Kobé, capitalisme commercial et textile ; Nagoya, bourgeoisie d’affaires, coton et laine.
• Aujourd’hui, un Japonais sur quatre vit dans la région de Tokyo (plus de 32 millions d’habitants). C’est un centre de commandement national et mondial et, avec plus de 30 % de la production, la première région industrielle du pays. Cette concentration est due à un avantage initial : choisie comme capitale au début de l’ère Meiji, Tokyo a tout de suite pris de l’avance sur ses voisines en attirant industries et services.
• Le triangle Osaka-Kobé-Kyoto (« Kinki ») est le deuxième noyau de peuplement, avec plus de 22 millions d’habitants et 20 % de la production industrielle. La conurbation cherche à concurrencer le Kantô en mettant l’accent sur les fonctions de recherche et de décision. Entre les deux, Nagoya s’est spécialisée dans l’industrie automobile et la mécanique de précision.
• A l’Ouest de Kobé, la Mégalopole se fragmente en de multiples centres moins peuplés mais très actifs.

2) Les paysages urbains de la puissance

• Les villes ont parfois des centres affirmant leur personnalité historique, avec des patrimoines artistiques très riches, comme à Kyoto ; mais elles sont de plus en plus organisées autour de pôles, notamment autour des grandes gares, regroupant grands magasins, banques, bureaux, hôtels.
• Les villes se sont étendues sur leurs périphéries avec une urbanisation souvent désordonnée, associant les quartiers pavillonnaires, les ensembles de hautes tours, les centres commerciaux ; leurs banlieues ont souvent fini par se rejoindre.
• Le désir de trouver de la place a conduit à gagner des terrains sur la mer grâce à des remblaiements massifs. Mais grâce à la densification des réseaux de communication, les industries les moins liées aux ports sont déplacées de l’espace littoral vers les bordures de l’arrière-pays montagnard, lieu privilégié pour l’installation des technopôles.

3) Tokyo dans se conurbation

• Autour de la baie de Tokyo, quatre villes (Tokyo, Yokohama, Kawasaki et Chiba) rassemblent au total près de 14 millions d’habitants. Un liseré d’installations portuaires et industrielles, en partie implantées sur de gigantesques remblaiements, borde la baie. L’urbanisation s’étend vers l’intérieur.
• La ville de Tokyo, avec 8,2 millions d’habitants est le noyau principal. La croissance s’est faite sans mise en œuvre de plans d’ensemble, malgré les reconstructions après le séisme de 1923 et les bombardements de 1945. Le paysage est marqué par l’opposition entre de grandes étendues de maisons basses au-dessus desquelles se dressent les hautes tours des centres d’affaires. L’étroitesse relative des rues et la complexité de leur tracé a conduit à la construction d’autoroutes urbaines et d’un réseau dense de chemins de fer métropolitains.

III – Les problèmes d’un espace profondément transformé

1) Une façade en danger de nature

• Les risques liés aux calamités naturelles qui affectent le Japon sont aggravés dans la région mégalopolitaine. Sa position sur la côte Sud-Ouest l’expose particulièrement aux typhons et tsunamis. Les plaines littorales où elle est construite sont affectées par les inondations et leurs terrains alluviaux meubles aggravent les effets des séismes.
• A cette augmentation des aléas par rapport au reste du pays, s’ajoute dans la Mégalopole celle de la vulnérabilité, due à la concentration de la population et des édifices. Parmi les séismes graves du XXe siècle, les plus meurtriers ont affecté Tokyo en 1923 (140 000 victimes) et Kobé en 1995 (plus de 6 000 victimes).
• Cependant les japonais ont mis au point des adaptations spectaculaires et pris des mesures de prévention face aux menaces de la nature ; les constructions modernes, particulièrement importantes dans la Mégalopole, utilisent des procédés antisismiques ; mais les destructions importantes à Kobé, en 1995, ont montré les limites de leur efficacité.

2) Les hautes densités et les transformations de l’espace

• La Mégalopole est caractérisée par de fortes concentrations de bâtiments et d’infrastructures. C’est à la fois une conséquence de la forte population du pays et de la recherche de profits rapides qui a entraîné une concentration des hommes et des activités et une certaine négligence vis-à-vis des conséquences des aménagements.
• Dans une grande partie de la Mégalopole, l’artificialisation de la nature a atteint un degré rarement égalé dans le monde, notamment le long des littoraux, avec les remblaiements massifs pour faire de la place aux aménagements portuaires, aux combinats industriels, voire à des ensembles de logements. Autour de la mer intérieure, célèbre pour la beauté de ses paysages, les transformations ont été particulièrement sensibles.
• La Mégalopole a également été très affectée par les pollutions. Certes, quelques-uns des accidents les plus graves, au Japon, ont affecté des centres situés hors de la Mégalopole, comme Minamata (pollution par le mercure). Mais la Mégalopole est affectée par les pollutions de l’air dans les centres urbains et près des usines, et par celle des eaux, notamment littorales, avec la prolifération des algues rouges liées à l’eutrophisation.


3) Réactions et adaptations

• La population japonaise a fortement réagi aux menaces contre l’environnement. Une série de mouvements, parfois violents, parfois fondés sur des actions juridiques de longue haleine, englobés sous l’appellation de « mouvement habitant », sont nés très précocement au Japon.
• Ce militantisme a abouti à des transformations, après la Haute Croissance. La réglementation plus sévère contre les pollutions industrielles, le déplacement vers le reste de l’Asie de fabrications, l’étalement de l’habitat vers l’intérieur, ont allégé les problèmes de la Mégalopole. On a même envisagé de déplacer hors de Tokyo la capitale du Japon, mais le projet a été abandonné.
• La pollution a pris de nouvelles formes : les sources de pollution, comme les automobiles ou les engrais (utilisés par exemple sur les terrains de golf dans la Mégalopole) ont remplacé les sources industrielles, plus faciles à contrôler.
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